6ème année médecine · Dermatologie

Dermatologie — Fiche résumé

Synthèse de révision centrée sur la démarche dermatologique, les lésions élémentaires, les dermatoses inflammatoires, infectieuses, parasitaires, allergiques, bulleuses, tumorales, vasculaires et professionnelles. Le contenu reste clinique, sobre et universitaire : reconnaissance, orientation, signes d'alerte, examens utiles et principes généraux, sans geste technique ni prescription détaillée.

  • 6ème année
  • 18 tableaux
  • Alertes dermatologiques
  • Impression A4

1. Généralités, peau normale et démarche diagnostique

La peau est un organe de protection, thermorégulation, immunité, sensibilité, communication et synthèse métabolique. Elle comprend l'épiderme, le derme et l'hypoderme. En dermatologie, le diagnostic commence par la description morphologique, puis la topographie, l'évolution et le contexte orientent l'étiologie.

Interrogatoire

  • Début aigu, chronique ou récidivant ; évolution et facteurs déclenchants.
  • Prurit, douleur, fièvre, signes généraux, prise médicamenteuse, exposition.
  • Terrain : atopie, immunodépression, grossesse, âge, profession, entourage.
  • Retentissement : sommeil, qualité de vie, travail, scolarité, image corporelle.

Inspection

  • Type de lésion élémentaire, couleur, forme, limites, surface et groupement.
  • Topographie : zones exposées, plis, cuir chevelu, ongles, muqueuses, paumes, plantes.
  • Extension, symétrie, atteinte systémique ou signes infectieux.
  • Photographies de suivi et examens complémentaires selon indication spécialisée.

Démarche en 4 temps

Décrire la lésion, situer sa topographie, préciser la chronologie, puis intégrer terrain et signes généraux.

À retenir

En dermatologie, le diagnostic morphologique précède le diagnostic étiologique : nommer la lésion élémentaire évite beaucoup d'erreurs.

Piège d'examen

Commencer par une étiologie sans décrire la lésion mène à confondre eczéma, psoriasis, mycose ou infection.

2. Lésions élémentaires en dermatologie

Les lésions élémentaires sont le vocabulaire de base : macule, papule, plaque, vésicule, bulle, pustule, nodule, ulcération, squame, croûte, érosion, atrophie, lichenification et purpura. Leur description doit rester précise, sobre et non sensationnaliste.

Macule vs papule vs plaque vs nodule
Lésion Définition Relief Orientation
Macule Modification de couleur sans relief palpable. Absente. Dyschromie, érythème, purpura, lésion pigmentée.
Papule Petite lésion solide en relief. Présent. Inflammatoire, infectieuse, allergique ou tumorale selon contexte.
Plaque Lésion étendue, palpable, souvent par confluence. Présent. Psoriasis, eczéma chronique, dermatose inflammatoire.
Nodule Lésion solide profonde ou infiltrée. Souvent ferme. Tumeur, inflammation profonde, infection spécifique selon contexte.
Vésicule vs bulle vs pustule
Lésion Contenu Taille/relief Exemples d'orientation
Vésicule Liquide clair en petite collection. Petite lésion surélevée. Eczéma aigu, infection virale, dermatose bulleuse débutante.
Bulle Liquide clair ou trouble, collection plus grande. Décollement cutané localisé comme notion clinique. Pemphigus, pemphigoïde, réaction médicamenteuse sévère possible.
Pustule Contenu purulent non décrit graphiquement. Surélévation inflammatoire. Acné, folliculite, impétigo, psoriasis pustuleux selon contexte.
  • Squame
  • Croûte
  • Érosion
  • Atrophie
  • Lichenification
  • Purpura
  • Ulcération

À retenir

La précision morphologique rend les diagnostics différentiels beaucoup plus simples : relief, contenu, couleur, surface et topographie.

Piège d'examen

Appeler "bouton" toute lésion cutanée empêche de raisonner : papule, pustule, vésicule et nodule ne conduisent pas aux mêmes hypothèses.

3. Thérapeutiques dermatologiques et dermocorticoïdes

Les traitements dermatologiques reposent sur soins locaux, émollients, antiseptiques comme principe, dermocorticoïdes, traitements systémiques ou photoprotection selon pathologie. Cette fiche présente les classes, indications générales, surveillance et éducation, sans détail prescriptif.

Soins locaux

  • Nettoyage doux, restauration de barrière cutanée, émollients.
  • Éviter irritants, grattage, automédication inadaptée et mélange de produits.
  • Adapter forme galénique au siège, à la lésion et à la tolérance.

Dermocorticoïdes

  • Puissance variable selon molécule, zone et indication.
  • Effets indésirables locaux : atrophie, fragilité, troubles pigmentaires comme principes.
  • Éducation : observance, durée encadrée, surveillance et réévaluation.

À retenir

Un traitement local efficace dépend autant du diagnostic que de la forme, du site, de la durée encadrée et de l'éducation du patient.

Piège d'examen

Utiliser un dermocorticoïde sans diagnostic peut masquer une infection ou aggraver certaines dermatoses.

4. Eczéma, dermatite atopique et dermatite de contact

L'eczéma associe inflammation cutanée, prurit et lésions évolutives. Il peut être aigu, chronique, atopique, allergique de contact ou irritatif. L'évolution vers lichenification traduit le grattage chronique et le retentissement.

Eczéma vs psoriasis vs mycose
Critère Eczéma Psoriasis Mycose
Symptôme dominant Prurit souvent majeur. Prurit variable, retentissement esthétique et chronique. Prurit variable, extension centrifuge ou intertrigo selon forme.
Lésion Érythème, vésicules comme principe, suintement possible, puis lichenification. Plaques érythémato-squameuses bien limitées. Bordure active, squames, atteinte des plis, ongles ou cuir chevelu selon germe.
Topographie Plis, visage chez enfant, zones de contact ou irritants. Coudes, genoux, cuir chevelu, lombes, ongles. Plis, pieds, ongles, cuir chevelu, zones humides.
Piège Confondre mycose et eczéma chronique. Oublier rhumatisme psoriasique. Aggraver par traitement local inadapté.
Dermatite atopique vs dermatite de contact
Critère Dermatite atopique Dermatite de contact
Terrain Atopie personnelle ou familiale, peau sèche, poussées. Exposition à allergène ou irritant, contexte professionnel ou domestique.
Distribution Topographie variable selon âge, souvent plis chez l'enfant plus grand. Zone de contact ou d'exposition, parfois extension secondaire.
Diagnostic Clinique, chronique, récidivant, retentissement du prurit. Interrogatoire d'exposition, tests allergologiques comme principe si indiqué.
Soins Émollients, anti-inflammatoires locaux selon indication, éducation. Éviction de l'agent, protection, prise en charge de l'inflammation.

À retenir

Eczéma = prurit + inflammation + évolution par poussées ; la topographie et l'exposition orientent atopique, contact ou irritatif.

Piège d'examen

Une lésion squameuse prurigineuse n'est pas toujours un eczéma : mycose et psoriasis doivent être discutés.

5. Psoriasis, lichen et dermatoses inflammatoires

Le psoriasis est une dermatose inflammatoire chronique avec plaques érythémato-squameuses, localisations classiques, atteinte unguéale possible et rhumatisme psoriasique comme association. Le lichen plan est une dermatose inflammatoire à connaître comme diagnostic différentiel.

Psoriasis cutané vs rhumatisme psoriasique
Critère Psoriasis cutané Rhumatisme psoriasique
Atteinte Plaques cutanées, squames, ongles, cuir chevelu, plis selon forme. Articulations périphériques, rachis, enthèses ou dactylite comme principes.
Signes d'appel Récidives, facteurs déclenchants, retentissement qualité de vie. Douleurs articulaires inflammatoires, raideur, gonflement, talalgies.
Enjeu Contrôler inflammation, prurit, visibilité et chronicité. Prévenir destruction articulaire et handicap.
Piège Se limiter à la peau. Ne pas interroger douleurs articulaires chez un patient psoriasique.

Facteurs et retentissement

  • Facteurs déclenchants possibles : stress, infections, médicaments, traumatismes cutanés comme principes.
  • L'atteinte unguéale peut orienter vers un risque articulaire.
  • Les soins généraux associent éducation, traitements locaux ou systémiques selon sévérité et suivi spécialisé.

À retenir

Tout psoriasis doit faire rechercher atteinte unguéale et douleurs articulaires inflammatoires.

Piège d'examen

Un psoriasis inversé dans les plis peut mimer une mycose ou un eczéma de contact.

6. Acné, pyodermites et infections bactériennes cutanées

Les infections bactériennes cutanées impliquent souvent staphylocoques ou streptocoques. Elles vont de l'impétigo ou folliculite à l'érysipèle et aux cellulites infectieuses comme principes cliniques. Les signes généraux et l'extension conditionnent l'urgence.

Acné vs folliculite vs impétigo
Critère Acné Folliculite Impétigo
Mécanisme Atteinte du follicule pilosébacé avec inflammation. Inflammation ou infection du follicule pileux. Infection cutanée superficielle contagieuse.
Lésions Comédons, papules, pustules, nodules selon sévérité. Pustules centrées par un follicule. Érosions ou croûtes comme présentation clinique non graphique.
Terrain Adolescent ou adulte, impact psychologique possible. Frottements, rasage, humidité, immunodépression. Enfant, collectivité, contagiosité.
Piège Minimiser l'impact psychosocial. Confondre avec acné ou mycose folliculaire. Oublier mesures d'hygiène et contexte collectif.
Érysipèle vs cellulite infectieuse
Critère Érysipèle Cellulite infectieuse
Atteinte Infection dermique aiguë, souvent bien limitée. Infection plus profonde ou diffuse des tissus cutanés et sous-cutanés.
Signes Rougeur, chaleur, douleur, fièvre possible. Douleur, extension, oedème, signes généraux parfois marqués.
Gravité Terrain fragile, récidive, porte d'entrée, extension. Douleur disproportionnée, altération générale, immunodépression, extension rapide.
Orientation Évaluation clinique, prévention des récidives. Orientation urgente si sévérité ou doute sur infection profonde.

Signes de gravité

Fièvre, altération générale, douleur disproportionnée, extension rapide ou immunodépression imposent une évaluation urgente.

À retenir

Dans une infection cutanée, terrain, vitesse d'extension, douleur et signes généraux priment sur l'aspect local seul.

Piège d'examen

Une infection cutanée extensive chez immunodéprimé peut être grave malgré une présentation initiale peu spectaculaire.

7. Mycoses superficielles et teignes

Les mycoses superficielles comprennent dermatophyties, candidoses cutanéo-muqueuses comme principe, pityriasis versicolor, teignes, intertrigos mycosiques et onychomycoses. Le diagnostic est clinique et parfois mycologique, surtout avant traitement long ou forme atypique.

Dermatophytie vs candidose vs pityriasis versicolor
Critère Dermatophytie Candidose Pityriasis versicolor
Siège Peau glabre, pieds, ongles, cuir chevelu selon forme. Plis, muqueuses, zones humides ou macérées. Tronc et racine des membres, dyschromies fines.
Aspect Lésion annulaire ou squameuse, bordure active possible. Érythème des plis, fissuration ou lésions satellites comme principes sobres. Macules hypo- ou hyperpigmentées finement squameuses.
Facteurs Contact, humidité, sport, animal, collectivité. Macération, diabète, immunodépression, antibiothérapie comme contexte. Chaleur, transpiration, récidive.
Piège Confondre avec eczéma ou psoriasis. Oublier facteur favorisant. Persistance de dyschromie après contrôle de l'inflammation.

Teignes et onychomycoses

  • Teigne : atteinte du cuir chevelu, contexte enfant ou collectivité, diagnostic mycologique comme principe.
  • Onychomycose : épaississement ou dyschromie unguéale ; confirmer si doute ou traitement prolongé envisagé.
  • Prévention : séchage des plis, chaussures adaptées, traitement des sources et réévaluation des récidives.

À retenir

Mycose, eczéma et psoriasis se ressemblent souvent : bordure active, topographie et examen mycologique orientent.

Piège d'examen

Traiter une mycose supposée sans confirmation devant une forme atypique ou chronique peut retarder un autre diagnostic.

8. Ectoparasitoses : gale et pédiculose

La gale et la pédiculose sont contagieuses, souvent familiales ou collectives. Le prurit, les localisations évocatrices et le contexte guident le diagnostic. Les mesures collectives et la prévention de la récidive sont aussi importantes que le traitement individuel.

Gale vs pédiculose
Critère Gale Pédiculose
Agent Ectoparasitose cutanée contagieuse. Infestation par poux selon localisation.
Clinique Prurit souvent nocturne, contexte familial, localisations évocatrices. Prurit localisé, lentes ou parasites visibles selon examen.
Contexte Famille, collectivité, promiscuité, récidive si contacts non pris en compte. École, famille, collectivité, partage d'objets selon forme.
Mesures Traitement des contacts et linge comme principes collectifs. Traitement et prévention des réinfestations comme principes.

À retenir

Dans une ectoparasitose, le diagnostic est individuel mais la prise en charge raisonne au niveau des contacts.

Piège d'examen

Traiter seulement le patient index explique beaucoup de récidives apparentes.

9. IST, syphilis, ulcérations génitales et urétrites

Les IST en dermatologie peuvent se révéler par ulcération génitale, urétrite, éruption, condylomes comme principe ou signes généraux. La formulation diagnostique reste strictement médicale, sobre et non explicite. Le dépistage et la prise en compte des partenaires relèvent de la santé publique.

Syphilis vs autres ulcérations génitales
Critère Syphilis Autres ulcérations génitales
Présentation Ulcération génitale possible, parfois associée à adénopathie, puis manifestations secondaires. Ulcérations infectieuses, inflammatoires, traumatiques ou tumorales comme diagnostics différentiels.
Diagnostic Sérologie et bilan IST selon contexte. Examen clinique, prélèvements spécialisés si indiqués, recherche de facteurs de gravité.
Enjeu Dépistage, traitement adapté, prévention de transmission et complications. Ne pas banaliser une lésion persistante ou atypique.
Piège Présentation parfois discrète ou spontanément régressive. Confondre toutes les ulcérations avec une seule étiologie.

À retenir

Ulcération génitale = diagnostic étiologique, dépistage IST et prévention des complications, avec langage médical sobre.

Piège d'examen

Une lésion qui disparaît ne signifie pas absence de syphilis ; le raisonnement repose sur chronologie et dépistage.

10. Leishmaniose cutanée, tuberculose cutanée et infections spécifiques

Les infections spécifiques se discutent devant lésions chroniques, contexte épidémiologique, exposition, immunodépression ou échec d'un raisonnement habituel. Le diagnostic repose sur examen clinique et confirmation parasitologique ou microbiologique selon contexte spécialisé.

Leishmaniose cutanée vs tuberculose cutanée
Critère Leishmaniose cutanée Tuberculose cutanée
Contexte Zone d'endémie, exposition vectorielle, lésion chronique. Contexte tuberculeux, immunodépression, atteinte chronique atypique.
Présentation Lésion chronique localisée comme principe clinique sobre. Formes cutanées variées, évolution lente ou récidivante.
Diagnostic Confirmation parasitologique ou spécialisée selon contexte. Microbiologie, histologie comme principe et imagerie selon signes.
Différentiel Ulcère chronique, tumeur, infection bactérienne ou mycose profonde. Leishmaniose, mycobactérie atypique, tumeur, vascularite.

À retenir

Une lésion chronique en zone d'endémie ou avec contexte tuberculeux doit faire sortir du raisonnement dermatologique banal.

Piège d'examen

Répéter des traitements locaux devant une lésion chronique sans reconsidérer le diagnostic retarde l'orientation spécialisée.

11. Urticaire, prurit, prurigo et allergies cutanées

L'urticaire se manifeste par des lésions fugaces prurigineuses ; elle peut être aiguë ou chronique. Le prurit peut être dermatologique, systémique, médicamenteux ou psychogène comme principe. L'angio-oedème est un signe d'alerte selon localisation et retentissement.

Urticaire aiguë vs urticaire chronique vs angio-oedème
Critère Urticaire aiguë Urticaire chronique Angio-oedème
Durée Épisode récent, souvent déclenché par infection, aliment, médicament ou contexte. Récurrente ou persistante au long cours. Oedème profond, parfois associé à urticaire ou isolé.
Clinique Plaques fugaces prurigineuses, migration rapide. Récidives, impact sommeil et qualité de vie. Atteinte du visage, lèvres ou voies aériennes comme contexte d'alerte.
Bilan Souvent clinique, orienté par gravité et déclencheur. Bilan raisonné, éviter explorations systématiques non orientées. Évaluer gêne respiratoire et terrain, orientation urgente si retentissement.

Signes de gravité

Angio-oedème avec gêne respiratoire, malaise, atteinte muqueuse sévère ou altération générale impose une orientation urgente.

À retenir

Le caractère fugace et migrateur des lésions aide à reconnaître l'urticaire.

Piège d'examen

Un prurit généralisé sans lésion primaire doit faire rechercher une cause générale ou médicamenteuse.

12. Dermatoses bulleuses et fièvres éruptives

Les dermatoses bulleuses auto-immunes comprennent pemphigus et pemphigoïde bulleuse comme principes. Les fièvres éruptives et exanthèmes infectieux s'interprètent selon âge, terrain, fièvre, signes généraux, atteinte muqueuse et extension.

Pemphigus vs pemphigoïde bulleuse
Critère Pemphigus Pemphigoïde bulleuse
Mécanisme Dermatose bulleuse auto-immune intra-épidermique comme principe. Dermatose bulleuse auto-immune sous-épidermique comme principe.
Terrain Adulte, atteinte muqueuse possible et importante. Sujet âgé fréquent, prurit et bulles tendues comme principe.
Gravité Atteinte muqueuse, extension, altération générale. Fragilité du terrain, surinfection, dénutrition ou retentissement.
Diagnostic Clinique, immunologie et histologie comme principes spécialisés. Clinique, immunologie et histologie comme principes spécialisés.

Signes de gravité

Bulles étendues, atteinte muqueuse sévère, fièvre, terrain fragile ou atteinte oculaire associée imposent une orientation urgente.

À retenir

Une dermatose bulleuse s'analyse par terrain, tension des bulles, muqueuses, extension et signes généraux.

Piège d'examen

Ne pas banaliser une éruption bulleuse chez un sujet âgé ou avec atteinte muqueuse.

13. Tumeurs cutanées : carcinomes et mélanome

Les tumeurs cutanées comprennent carcinome basocellulaire, carcinome spinocellulaire et mélanome. Les facteurs de risque incluent exposition solaire, phototype, immunodépression et antécédents. Toute lésion pigmentée rapidement évolutive ou lésion persistante atypique doit être évaluée.

Carcinome basocellulaire vs spinocellulaire vs mélanome
Critère Carcinome basocellulaire Carcinome spinocellulaire Mélanome
Terrain Exposition solaire chronique, sujet âgé, phototype clair. Lésions précancéreuses, immunodépression, soleil, plaie chronique. Phototype clair, coups de soleil, naevus, antécédents personnels ou familiaux.
Évolution Lente, locale, rarement métastatique. Risque local et métastatique selon forme. Potentiel métastatique important, diagnostic précoce crucial.
Signes d'alerte Lésion persistante, perlée ou ulcérée comme principe sobre. Lésion kératosique, ulcérée ou saignant facilement comme signe d'alerte. ABCDE : asymétrie, bords, couleur, diamètre, évolution.
Diagnostic Confirmation histologique comme principe. Confirmation histologique comme principe. Exérèse diagnostique spécialisée et histologie comme principes.

Prévention et surveillance

  • Photoprotection, dépistage des lésions suspectes et surveillance des patients à risque.
  • Une lésion qui évolue, saigne, s'ulcère ou change d'aspect nécessite un avis spécialisé.
  • L'anatomopathologie structure le diagnostic et la stadification.

Signes de gravité

Lésion pigmentée rapidement évolutive, ulcération ou saignement d'une lésion suspecte, adénopathie ou altération générale justifient une orientation rapide.

À retenir

Pour le mélanome, l'évolution est le critère le plus important : toute modification récente est suspecte.

Piège d'examen

Un carcinome basocellulaire évolue lentement, mais une lésion chronique du visage ne doit pas être banalisée.

14. Ulcère de jambe, varices et pathologie vasculaire cutanée

L'ulcère de jambe peut être veineux, artériel ou mixte. L'examen recherche douleur, pouls, oedème, signes d'insuffisance veineuse, artériopathie, infection secondaire comme principe, facteurs de retard de cicatrisation et retentissement fonctionnel.

Ulcère veineux vs artériel vs mixte
Critère Ulcère veineux Ulcère artériel Ulcère mixte
Contexte Insuffisance veineuse, varices, oedème, antécédents thrombotiques. Artériopathie, douleurs d'effort ou de repos, pouls diminués. Association de facteurs veineux et artériels.
Douleur Variable, souvent améliorée par surélévation. Souvent plus douloureux, aggravé par élévation ou décubitus selon contexte. Douleur et cicatrisation imprévisibles.
Bilan Bilan veineux comme principe, recherche facteurs de cicatrisation. Bilan artériel prioritaire, évaluation vasculaire. Bilan vasculaire complet.
Piège Oublier artériopathie associée. Appliquer des mesures inadaptées sans bilan vasculaire. Sous-estimer le risque de retard de cicatrisation.

À retenir

Devant un ulcère de jambe, palper les pouls et penser bilan vasculaire avant de conclure.

Piège d'examen

Un ulcère chronique qui ne cicatrise pas doit être réévalué : infection, artériopathie, cancer ou cause inflammatoire sont possibles.

15. Alopécie, dyschromies et dermatoses professionnelles

Les alopécies peuvent être diffuses ou localisées, cicatricielles ou non cicatricielles. Les dyschromies incluent hypopigmentation, hyperpigmentation, vitiligo comme principe et mélasma comme principe. Les dermatoses professionnelles sont dominées par eczéma irritatif ou allergique.

Alopécie diffuse vs localisée
Critère Diffuse Localisée
Distribution Chute globale ou raréfaction étendue. Plaques ou zones limitées.
Causes Effluvium, carence, endocrinien, médicament, stress, post-partum comme principes. Pelade, teigne, traction, alopécie cicatricielle, traumatisme local.
Examen Traction, cuir chevelu, ongles, signes généraux. Inflammation, squames, cicatrice, cheveux cassés, limites.
Hypopigmentation vs hyperpigmentation
Critère Hypopigmentation Hyperpigmentation
Définition Diminution de coloration cutanée. Augmentation de coloration cutanée.
Exemples Vitiligo, pityriasis versicolor, séquelles inflammatoires. Mélasma, pigmentation post-inflammatoire, endocrinien ou médicamenteux comme principes.
Retentissement Esthétique, photoprotection, impact psychologique. Esthétique, recherche de cause si diffuse ou atypique.
Dermatose professionnelle irritative vs allergique
Critère Irritative Allergique
Mécanisme Altération directe de la barrière cutanée par produits ou gestes répétés. Hypersensibilité de contact à un allergène professionnel.
Contexte Lavage fréquent, humidité, solvants, détergents, frottements. Exposition spécifique, récidive à la reprise, amélioration à l'éviction.
Diagnostic Interrogatoire professionnel, chronologie, topographie. Tests allergologiques comme principe si indication.
Prévention Protection, émollients, adaptation du poste. Éviction ou substitution de l'allergène, déclaration selon cadre.

À retenir

Alopécie, dyschromie et dermatose professionnelle ont un retentissement psychologique fréquent, à intégrer au raisonnement.

Piège d'examen

Une alopécie localisée squameuse chez l'enfant doit faire évoquer une teigne avant de conclure à une pelade.

16. Urgences dermatologiques et signes de gravité

Les urgences dermatologiques se reconnaissent par fièvre, altération de l'état général, purpura fébrile, bulles étendues, atteinte muqueuse sévère, angio-oedème avec gêne respiratoire, infection extensive, nécrose cutanée comme alerte sobre ou terrain fragile.

Terrains à risque

  • Immunodépression, enfant, grossesse, sujet âgé, comorbidités, prise médicamenteuse récente.
  • Atteinte oculaire associée à une dermatose bulleuse ou éruptive.
  • Douleur cutanée disproportionnée ou extension rapide.
  • Éruption fébrile avec atteinte muqueuse ou signes généraux.

Signes de gravité

Purpura fébrile, bulles étendues, atteinte muqueuse sévère, infection extensive ou gêne respiratoire nécessitent une orientation hospitalière.

À retenir

En dermatologie, la gravité dépend souvent du terrain, de l'extension, de la fièvre, des muqueuses et de l'état général.

Piège d'examen

Une éruption médicamenteuse récente avec fièvre ou atteinte muqueuse ne doit pas être considérée comme une allergie banale.

Signes de gravité à ne jamais rater

Alertes dermatologiques majeures

  • Purpura fébrile.
  • Éruption fébrile avec altération de l'état général.
  • Atteinte muqueuse sévère.
  • Bulles étendues.
  • Douleur cutanée disproportionnée.
  • Nécrose cutanée comme alerte clinique sobre.
  • Angio-oedème avec gêne respiratoire.
  • Infection cutanée extensive.
  • Dermatose chez immunodéprimé.
  • Lésion pigmentée rapidement évolutive.
  • Ulcère chronique qui ne cicatrise pas.
  • Hémorragie ou ulcération d'une lésion tumorale suspecte.
  • Éruption médicamenteuse sévère suspectée.
  • Prurit généralisé avec signes généraux.
  • Fièvre avec lésion cutanée extensive.
  • Atteinte oculaire associée à une dermatose bulleuse ou éruptive.

Révision express en 60 points

  1. Décrire la lésion avant de proposer l'étiologie.
  2. La peau comprend épiderme, derme et hypoderme.
  3. Macule = changement de couleur sans relief.
  4. Papule = petite lésion solide en relief.
  5. Plaque = lésion étendue palpable.
  6. Nodule = lésion solide profonde ou infiltrée.
  7. Vésicule = petite collection liquidienne.
  8. Bulle = collection liquidienne plus grande.
  9. Pustule = contenu purulent, à décrire sobrement.
  10. Squame = lamelle cornée détachable.
  11. Croûte = dessiccation d'un exsudat.
  12. Érosion = perte superficielle de substance.
  13. Ulcération = perte de substance plus profonde.
  14. Purpura ne s'efface pas à la vitropression.
  15. Prurit oriente eczéma, urticaire, parasitose ou cause générale.
  16. Dermocorticoïdes : puissance, site et durée encadrée comptent.
  17. Un dermocorticoïde peut masquer une infection.
  18. Eczéma : prurit et inflammation évolutive.
  19. Dermatite atopique : terrain atopique et peau sèche.
  20. Dermatite de contact : exposition et topographie.
  21. Tests allergologiques : principe si dermatite allergique suspectée.
  22. Psoriasis : plaques érythémato-squameuses bien limitées.
  23. Psoriasis : chercher atteinte unguéale.
  24. Psoriasis : ne pas oublier rhumatisme psoriasique.
  25. Acné : follicule pilosébacé et retentissement psychologique.
  26. Folliculite : pustule centrée par un follicule.
  27. Impétigo : infection superficielle contagieuse.
  28. Érysipèle : infection aiguë souvent bien limitée.
  29. Cellulite extensive : rechercher signes généraux.
  30. Mycose : topographie et bordure active orientent.
  31. Teigne : penser enfant, cuir chevelu, collectivité.
  32. Onychomycose : confirmer si doute ou traitement long.
  33. Gale : prurit, contexte familial, contagiosité.
  34. Pédiculose : prurit localisé et contexte collectif.
  35. Ectoparasitose : traiter le raisonnement collectif.
  36. IST : langage médical, dépistage et prévention.
  37. Syphilis : présentation parfois discrète.
  38. Ulcération génitale : diagnostic différentiel large.
  39. Leishmaniose : contexte d'endémie et lésion chronique.
  40. Tuberculose cutanée : évolution chronique atypique.
  41. Urticaire : lésions fugaces et migratrices.
  42. Urticaire chronique : bilan raisonné, pas systématique.
  43. Angio-oedème respiratoire = urgence.
  44. Prurit généralisé sans lésion : rechercher cause générale.
  45. Pemphigus : atteinte muqueuse possible.
  46. Pemphigoïde : sujet âgé fréquent.
  47. Bulles étendues = signe de gravité.
  48. Fièvre éruptive : terrain et muqueuses guident la gravité.
  49. Mélanome : évolution récente = alerte.
  50. ABCDE aide à repérer une lésion pigmentée suspecte.
  51. CBC : évolution souvent locale mais à traiter.
  52. Carcinome spinocellulaire : risque métastatique possible.
  53. Photoprotection = prévention dermatologique majeure.
  54. Ulcère veineux : oedème et insuffisance veineuse.
  55. Ulcère artériel : douleur et pouls diminués.
  56. Ulcère chronique non cicatrisant = réévaluation.
  57. Alopécie diffuse : chercher carence, endocrinien, médicament.
  58. Alopécie localisée squameuse chez enfant : penser teigne.
  59. Dyschromie : hypo- ou hyperpigmentation à contextualiser.
  60. Dermatose professionnelle : interroger gestes, produits et poste.

Glossaire

Dermatologie
Discipline médicale des maladies de la peau, des muqueuses visibles, des cheveux et des ongles.
Lésion élémentaire
Unité morphologique de base permettant de décrire une dermatose.
Macule
Modification de couleur sans relief palpable.
Papule
Petite lésion solide en relief.
Plaque
Lésion palpable plus étendue, souvent par confluence.
Vésicule
Petite collection liquidienne intra- ou sous-épidermique.
Bulle
Collection liquidienne cutanée plus grande.
Pustule
Lésion en relief contenant un liquide purulent.
Nodule
Lésion solide profonde ou infiltrée.
Squame
Lamelle cornée se détachant de la surface cutanée.
Croûte
Dessiccation d'un liquide à la surface de la peau.
Ulcération
Perte de substance cutanée plus profonde qu'une érosion.
Prurit
Sensation conduisant au besoin de se gratter.
Eczéma
Dermatose inflammatoire prurigineuse, aiguë ou chronique.
Dermatite atopique
Eczéma chronique récidivant lié à un terrain atopique.
Dermatite de contact
Inflammation cutanée provoquée par allergène ou irritant de contact.
Psoriasis
Dermatose inflammatoire chronique à plaques érythémato-squameuses.
Acné
Atteinte inflammatoire du follicule pilosébacé.
Impétigo
Infection cutanée superficielle contagieuse.
Érysipèle
Infection cutanée aiguë dermique, souvent bien limitée.
Dermatophytie
Mycose superficielle due à des dermatophytes.
Candidose
Infection cutanéo-muqueuse à Candida comme principe.
Teigne
Dermatophytie du cuir chevelu ou des poils.
Gale
Ectoparasitose cutanée contagieuse responsable de prurit.
Pédiculose
Infestation par poux selon localisation.
IST
Infection sexuellement transmissible, abordée dans un cadre médical et préventif.
Syphilis
IST bactérienne à expressions cutanéo-muqueuses et systémiques possibles.
Leishmaniose cutanée
Infection parasitaire cutanée liée au contexte épidémiologique.
Tuberculose cutanée
Atteinte cutanée liée à la tuberculose, souvent chronique.
Urticaire
Dermatose à lésions prurigineuses fugaces et migratrices.
Angio-oedème
Oedème profond pouvant devenir urgent selon localisation.
Pemphigus
Dermatose bulleuse auto-immune avec atteinte muqueuse possible.
Pemphigoïde bulleuse
Dermatose bulleuse auto-immune fréquente chez le sujet âgé.
Carcinome basocellulaire
Tumeur cutanée fréquente à agressivité surtout locale.
Carcinome spinocellulaire
Tumeur cutanée pouvant avoir un risque d'extension selon forme.
Mélanome
Tumeur mélanocytaire maligne dont le diagnostic précoce est crucial.
Ulcère veineux
Ulcère de jambe lié à l'insuffisance veineuse.
Ulcère artériel
Ulcère lié à une insuffisance d'apport artériel.
Alopécie
Diminution ou perte de cheveux, diffuse ou localisée.
Dyschromie
Anomalie de coloration cutanée, hypo- ou hyperpigmentée.
Dermatose professionnelle
Dermatose favorisée ou causée par l'activité professionnelle.
Dermocorticoïde
Corticoïde local utilisé dans certaines dermatoses inflammatoires selon indication.

Source unique de structuration du module : https://univ.ency-education.com/6an_lessons-dermato.html. Cette fiche est une synthèse pédagogique de révision et ne remplace pas l'avis d'un enseignant ou d'une équipe médicale.

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